Escroquerie à la CAF : une femme de 34 ans déclare 85 enfants !
Dans une CAF, des employées des vérifications discutent. "J'ai un dossier avec une mère de quintuplés", s'amuse la première. "Tiens, c'est marrant, moi aussi", répond l'autre. Elle ne le savent pas encore, mais toutes deux ont mis le doigt sur une incroyable fraude sociale. La rigolade ne durera qu'un temps, jusqu'à ce que d'autres CAF s'aperçoivent également qu'ils ont en charge le dossier d'une mère de quintuplés.
200 000 euros en moins d'un an
Ce sont en tout 17 Caisses, partout en France, qui ont été abusées par une fraudeuse hors normes, rapporte Le Parisien daté du 5 mai. Murielle, 34 ans, avait déclaré à chacune d'elles la naissance de quintuplés, soit un total de 85 enfants un peu partout dans l'Hexagone, pour un pactole de 22 100 euros par mois. Le plan de Murielle était simple : elle envoyait un courrier à la CAF déclarant qu'elle venait d'accoucher de quintuplés, extrait de naissance - remarquablement falsifié - à l'appui. Depuis août 2005, la faussaire a ainsi encaissé la bagatelle de 200 000 euros.
La jeune femme n'en est pas à son coup d'essai. Depuis l'âge de 19 ans, Murielle resquille, comme elle l'a simplement expliqué aux policiers venus l'arrêter. Elle s'est même vantée d'avoir très vite gagné près d'un million d'euros. Outre son arnaque aux allocations familiales, elle projetait de toucher plusieurs RMI et aides au logement. Ecrouée à Fleury-Mérogis depuis mercredi dernier, il devrait être plus difficile pour elle de passer à l'acte. Quoique. Murielle semble en effet très douée, comme l'a avoué un policier, bluffé par son extraordinaire "aplomb".
Autre Affaire:
Les as de la fraude aux Assedic avaient monté 122 sociétés dirigées par 130 gérants différents
MARSEILLE (AP) - La fraude mise au jour par les sections de recherches de la gendarmerie de Marseille (Bouches-du-Rhône) et de Grenoble (Isère), et dont la justice marseillaise est désormais saisie, est "une fraude de grande ampleur qui s'articule autour d'une nébuleuse de sociétés", mettant en cause 122 structures et 130 gérants différents, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. L'affaire pourrait avoir coûté près de 50 millions d'euros aux Assedic.
Une information judiciaire pour "escroquerie en bande organisée, faux, usage de faux et déclarations mensongères en vue d'obtenir des avantages indus" a été ouverte le 27 mars dernier par le parquet de Marseille et confiée au juge financier Franck Landou.
Le mode opératoire des escrocs consistait à monter des sociétés, de plomberie ou de travaux divers pour l'essentiel, totalement fictives pour certaines et d'ailleurs qualifiées de "coquilles vides" par les enquêteurs, jouissant d'une existence réelle pour d'autres, à faire croire à l'embauche de salariés, puis à les licencier faussement quelques mois plus tard, afin que les bénéficiaires puissent toucher les indemnités de chômage, précise-t-on au palais de justice de Marseille.
L'utilisation par les gendarmes d'un logiciel informatique spécialisé a permis de débusquer une série d'"incohérences" dans la gestion des dossiers et de révéler le caractère massif de cette fraude. En l'état des investigations, le réseau, qualifié de "particulièrement structuré", aurait bénéficié à 1.872 faux chômeurs, qui vont devoir rembourser les sommes indûment perçues. Environ 500 faux dossiers ont déjà été traités par les services d'enquête.
Selon le quotidien "La Provence", qui révèle les détails de cette fraude dans son édition de jeudi, le préjudice journalier pour les Assedic se monterait à 35.000 euros et à 12 millions d'euros par an, les faits reprochés ayant duré plus de quatre ans.
Les enquêteurs ont d'ores et déjà identifié trois groupes de sociétés: un premier composé de 48 entreprises créées et gérées par les "cerveaux" du réseau, un deuxième groupe de 73 sociétés appartenant à leur entourage. Enfin, la justice est saisie du cas d'une dernière société, plus ancienne, mais dont les activités ne cessent d'interroger les gendarmes.
Les têtes de réseau seraient principalement domiciliés à Marseille, Ceyreste (Bouches-du-Rhône), ainsi qu'à Agde (Hérault). Le juge Landou n'a pour l'heure procédé à aucune mise en examen dans cette affaire. Le croisement des fichiers de l'Unedic, de l'Urssaf et de la Sécurité sociale devrait toutefois permettre d'identifier rapidement les protagonistes du dossier.
Un rapprochement a également été effectué avec des faits de "travail dissimulé" mis au jour dans la région lyonnaise, qui mettraient en cause les mêmes personnes. L'escroquerie en bande organisée est punie de dix ans de prison.
PS: Je ne vous direz pas a qui a profité cette derniere affaire, je pense que vous etes tous au courant !


